UN HABITAT SAHELIEN SAIN ET PARTAGE’

Le rôle clé du maître d’œuvre.

KEYWORDS: habitat sain et situé, la salubrité des lieus urbaines et les matériaux locaux moteurs du développement économique, infrastructures sanitaires bioclimatiques avec bas impact, chantier-école, le maître d’œuvre local, espace vert qui guérit.

“ L’application judicieuse et maximale des matériaux locaux épargne les devises, crée des emplois, constitue un savoir-faire local et développe les forces issues du patrimoine culturel et technique régional. Produire des matériaux locaux pour construire quelques unités de logements « test » n’est cependant pas suffisant. Il est nécessaire de produire pour vendre, assurant de ce fait un revenu aux producteurs et un enrichissement pour des populations à faible revenue. J.Vauthrin, Anarchie et raison d’une architecture, L’Harmattan, Paris, 1989, pag. 176 )

Cet article ne se construit pas sur des recherches mais sur mes expériences professionnelles et les études spécifiques qui ont eu comme objectif la réalisation d’infrastructures au milieu urbaine et rural à Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, dès 2002 jusqu’aujourd’hui. Au fil du temps, Bobo a grandi jusqu’à devenir une ville de plus de 600 000 habitants (http://www.mhu.gov.bf) de nouvelles routes sont apparues, le long desquelles domine un bâti construit sans différenciation de matériaux ou de typologie. Les orientations, la ventilation, le vert et l’intimité des habitants ne sont pas pris en compte dans la réalisation des infrastructures primaires ou de l’Habitat. L’impact environnemental dû à l’extraction de sable et de gravier pour construire en ciment ne l’est non plus. Aucune importance n’est accordée aux études de ruissellement pour éviter les inondations et les dégâts graves aux bâtiments. Les administrations locales sont obligées d’accepter les projets tels qu’ils proviennent des bureaux de la capitale ou étrangers, et leur expertise est rarement prise en compte au stade de la planification. Par conséquence les gens préfèrent vivre dans des NO LOTIS autogérés et auto-construits, sans risques.

 

Centre ville Bobo-Dioulasso, rue du commerce, la journée est une voie et de nuit un maquis.

Performance de danse urbaine “Aube au Black” avec la Cie Katouma Danse et les étudiants de l’Université Aube Nouvelle, Master 1- Architecture

L’objectif de cet article est d’attirer l’attention des architectes et des techniciens qui ont comme tâche de construire la ville au Sahel, sur la nécessité d’un habitat « sain », en matériaux locaux et durable qui ne gâche pas d’énergie, et qui, au même temps, tienne compte des cultures dans lesquelles il va s’insérer. Ce but on peut l’atteindre qu’en utilisant des techniques traditionnelles qui existent et que les maîtres d’œuvre locales connaissent, et sont déjà diffusées sur le web. Encore, je voudrais insister sur la nécessité d’accroître la formation pratique et la diffusion des résultats techniques. Plus que jamais, aujourd’hui nous avons besoin d’un patrimoine construit qui soit durable, connecté, partagé, intégré au contexte, différencié et régulé par un petit nombre de principes, très attentif à l’agriculture verte / publique et urbaine privée, en communication avec l’administration grâce aux nouvelles technologies.

 

Du barrique usé à  mobilier low cost; https://espacepublicespace.wixsite.com/epep

 

Eucalypus usé pour l’éteiage sur le chantier devient mobilier low cost; https://espacepublicespace.wixsite.com/epep

Pour que les projets architecturaux fonctionnent ils doivent être capables de saisir les tendances architecturales et urbaines «locales», trouver leur langue indigène, qui soit issue de ce lieu-même, des activités humaines et socio-économiques qui l’habitent.

Comment lire le “local” ? À travers les réseaux sociaux et les nouvelles applications capables de créer de plateformes sur le net et de faire apparaître de nouvelles opportunités.

À partir des caractéristiques physiques que cet habitat devrait avoir, je voudrais citer André Ravéreau, architecte français de 1919 à 2017, (* Le Mzab, une leçon d’architecture), qui, en décrivant l’Algérie et l’Afrique, nous raconte une architecture vernaculaire attentive au lieu, et construite en lien étroit avec les environs, tout en respectant la lumière, l’air et l’intimité nécessaires à tous.

« J’avais alors en tête de perpétuer la cohérence de la construction en terre dans les conditions qui lui conviennent. Son isothermie, sa qualité de matériau naturel et local, pouvaient être exploités dans la continuité de la tradition, sans ré-éducation nécessaire de la main d’oeuvre.

Aujourd’hui, grâce à des exemples réussis d’architecture «lowcost», des œuvres même très technologiques comme celles de Francis Keré, la terre comme matériau de construction, conquiert les jeunes. Tout le monde peut visualiser les images des nouveaux projets urbaines grâce aux concours. Les projets de Ravereau, comme ceux plus scénographiques de Francis Keré, séduisent car ils parlent de matériaux locaux, ils se présentent avec un design, une tendance graphique minimaliste, un style international, une nouvelle image s’offre pour s’identifier. Ce sont des projets de structures simples mais solides et traditionnelles, réalisées sur place avec ce qui est efficace et durable, des éléments assemblés par l’imagination de l’architecte et de ses connaissances technologiques, qui sont conçus et construits sur place. Ils sont “évidents” mais invisibles.

« Du fait du climat marqué par de fortes chaleurs et une grande luminosité, des espaces de ventilation près du sol sont aménagés dans les chambres. Les menuiseries des baies étant en lames métalliques (pratique courante dans le milieu africain), les fenêtres sont munies d’une profonde embrasure, afin d’éviter la surchauffe des menuiseries par le rayonnement solaire. Soit une tablette en intérieur, soit une casquette en extérieur (légèrement séparée du mur pour laisser remonter l’air échauffé) dans l’épaisseur de l’embrasure, protège de ce rayonnement. »

    

André Ravereau_ Projet du dispensaire de Mopti. 1970-1974

http://www.aladar-assoc.fr/

Droits d’auteur

photographies © Manuelle Roche / ADAGP
dessins, textes © André Ravéreau / ADAGP

Ce sont des bâtiments intelligents, des abris adaptés aux climats extrêmes dans une situation de ressources économiques faibles, des immeubles insérés dans le paysage auquel ils appartiennent, à la recherche d’un langage vernaculaire. Cette architecture est essentielle aujourd’hui pour un habitat en expansion. Le contexte africain est investi d’une nouvelle urbanité qui change rapidement sa tendance et son goût, qui envahit et repose sur les aspérités et toutes sortes de réalités existantes. Dans ce contexte, et en raison des coûts élevés de l’électricité utilisée principalement pour la climatisation, pour construire un habitat sain il est nécessaire d’écouter le « local » à travers le réseau, et de partager les résultats des projets.

Pour répondre à la croissance démographique attendue pendant la prochaine décennie, il est important de différencier les matériaux afin de ne pas épuiser les ressources. Pour ne pas épuiser un endroit et le rendre ainsi aride.
Nous devons construire de manière intelligente, en répondant à l’environnement et à ses spécificités avec de petites mesures pour économiser des coûts énergétiques significatifs, que les villes moyennes ne peuvent pas supporter. À la manière d’André Ravereau, dell’ADAUA ou Francis Keré.

Projet BIOARCHI STUDIO 2017-2018

D’où l’importance qu’il faut accorder à l’agriculture verte et urbaine, en mettant en œuvre un développement économique local qui les maintienne. Nous avons besoin de nouveaux artisans et maîtres d’œuvre qui connaissent les différents matériaux, formés dans des chantiers-écoles, en minimisant les coûts de formation par bénéficiaire, en créant des réseaux locaux et en encourageant les nouvelles entreprises. Il est nécessaire de chercher de nouveaux modèles urbains. Même si le chantier n’est qu’un bref moment dans la vie d’une ville, s’il est mis en réseau avec d’autres, il peut devenir un moteur de flux économiques et créer une concurrence positive parmi les artisans d’un quartier urbain ou semi-rural et au même temps une porte pour connaitre le local, une porte pour rentrer dans les quartiers. Cela pourrait déclencher des économies circulaires qui augmenteraient les ressources locales, en augmentant aussi la possibilité que le bâtiment soit bien entretenu.

Il est alors nécessaire d’établir des directives claires au sein des administrations, de concevoir de Smart Code comme dans le cas de Libreville – qui servent de règles normatives – des principes bioclimatiques généraux pour créer et laisser des espaces verts à potager privés ou partagés, dans chaque quartier. Il faut faciliter la zone de ramassage de compost et les zones de collecte d’eau pour la verdure. Stimuler l’utilisation des toits -jardin et des patios ventilés pour rafraîchir les murs et avoir une température rayante moyenne basse à l’intérieur des cases ; informer sur les techniques passives (passives) de différents types, telles que les tours éoliennes associées aux systèmes de pompes à chaleur géothermiques. Implémenter les projets des systèmes de réseau intégrés d’éoliennes unifamiliales qui éclairent et permettent la connexion d’un modem et d’un ordinateur. Enfin il est important de créer des bases de données flexibles et relativement légères sur le réseau pour pouvoir partager les résultats et les comparer avec d’autres projets.

Projets BIOARCHI STUDIO 2017-2018

Je connais bien la qualité de certaines maîtrises traditionnelles, ainsi comme leur limites, et j’ai vu comment, en travaillant ensemble sur le chantier, pour résoudre les imprévus données la plus part des fois par la difficulté de trouver certaines matériaux avec une conformité certifiée, on a développé de nouvelles tendances plus contemporaines, plus adaptées aux nouveaux usages et goûts avec les matériaux à disposition.

Chantiers BIOARCHI STUDIO 2017-2018

Références

 

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